La Province de Hainaut innove… Elle transforme les boues toxiques en boues non toxiques de manière naturelle

Travaux de traitement des boues de dragage par bioremédiation confiés par adjudication à la SPRL ENVIROTOP

Face aux coûts exorbitants de traitement des boues de type B (boues toxiques devant être éliminées dans des centres spécialisés), la Province a décidé d’exécuter des travaux de traitement des boues de dragage par bioremédiation des cours d’eau de deuxième catégorie « Le Saubin » à Boussu (Hornu) et « Le Tintia » à Pont-à-Celles (Viesville).

L’objectif est de ramener les teneurs en contaminants en dessous des valeurs-norme pour une classification en type A (boues considérées comme non polluées) en application de l’arrêté du Gouvernement wallon du 30 novembre 1995 relatif à la gestion des matières enlevées du lit et des berges des cours et plans d’eau, du fait de travaux de dragage ou de curage.

Dans certains tronçons de ces deux cours d’eau, il a en effet été constaté que  les boues déposées au fond des ruisseaux contenaient une quantité importante d’hydrocarbures.

Ce constat à amené les agents de la Province à étudier d’autres méthodes afin de permettre de  « rendre l’eau à la rivière » et de faciliter le bon écoulement de celle-ci.

Bioremédiation

Le procédé de traitement par bioremédiation n’est pas nouveau en soi, mais il n’a jamais été appliqué en tant que tel à un tronçon de cours d’eau.

La bioremédiation est un ensemble de techniques consistant à augmenter la biodégradation ou la biotransformation, en inoculant des micro-organismes spécifiques ou en stimulant l’activité de populations microbiennes indigènes par apport de nutriments et par ajustement de conditions de milieu.

« Le Saubin » et « Le Tintia »

Jusqu’à présent, le procédé était surtout appliqué aux terres polluées. La nouveauté va consister à l’appliquer à un tronçon complet d’une rivière : 250 m pour le Tintia et 2.176,50 mètres pour le Saubin.

Pour capter les hydrocarbures, on injectera dans la rivière des micro-organismes qui vont utiliser les produits polluants comme source de matière et d’énergie. La dégradation, en principe complète, aboutit à une détoxication totale du milieu, avec une minéralisation complète des polluants, entraînant ainsi une diminution du volume des boues.

L’objectif est de ramener la teneur en contaminants en dessous des valeurs-norme pour une classification de type A.

Les travaux, exécutés conformément au Cahier des Charges –type RW99/2004 de la Région wallonne, sont planifiés en deux phases : une phase d’investigations et une phase de traitement.

Des prélèvements d’échantillons de boue sont effectués dans la rivière et sur les terrains environnants. En fonction des résultats, la technique de bioremédiation sera mise en œuvre.

Un ensemble d’opérations est alors initié : mise en suspension, injection d’un consortium de bactéries, aération, écrémage en surface, pompage, recirculation,…

La bioremédiation est donc adaptée à chaque type de boue.

Des consortiums de bactéries adaptés à chaque type de polluant sont injectés dans les boues en suspension. Les hydrocarbures, libérés des boues, suite à la mise en suspension sont contenus par un barrage flottant, récupérés en surface par des pompes et acheminés vers une unité de séparation des hydrocarbures.